À propos

Ces pages sont nées d’une innocente rêverie, alors que je regardais par la fenêtre, un soir d’automne. Sous les yeux d’une pie farceuse et d’un chat vorace, des pinsons picoraient dans le verger où déjà mon trisaïeul ramassait des pommes, d’un geste que j’imagine venu du fond des âges. Une vague pensée, d’abord : et si cette passion de toujours pour la compréhension du passé et de l’évolution des sociétés humaines s’incarnait dans un blogue ? Ironique, me direz-vous, en me rappelant qu’il n’est rien de plus immatériel qu’un carnet virtuel.

Pourtant, l’idée germa dans mon esprit. D’abord quelque peu obscure, puis de plus en plus évidente, jusqu’à devenir limpide. Il s’agissait ensuite d’affiner ce projet qui, pour être honnête, devint presque obsédant. Rêvasser ne suffisait cependant plus: il fallait réfléchir de façon concrète aux contours et au contenu de ce blogue à venir. Très vite, il m’est apparu qu’il prendrait un ton bien singulier, reflétant sans doute ma vision du rôle de l’histoire : celui-ci n’est à mon sens pas dans la glorification du passé, encore moins dans la recherche d’éléments visant à culpabiliser le présent ou à l’instrumentaliser à des fins idéologiques. Il ne réside aucunement dans la croyance superstitieuse en un « mouvement » vers un progrès infini ou une décadence alarmiste. Le parcours de l’humanité n’est pas programmé pour aller vers des lendemains meilleurs ou un avenir catastrophique. Il est fait d’hésitations, de balbutiements, d’évolutions, d’erreurs, de hasards et d’étonnements. Rien n’est écrit à l’avance.

A une histoire mythifiée, réduite à un récit simplifié, je préfère une histoire fondée sur la réflexion et les sources. Une histoire plurielle, qui tient compte des altérités culturelles et sociales ; qui écoute les voix des petites gens tout autant que celle des élites. Une histoire qui, ne faisant pas fi des déterminismes, se refuse à essentialiser et à catégoriser par pur dogmatisme. C’est ainsi que cette page est la seule sur laquelle je parlerai à la première personne du singulier. Les articles auront recours à un « nous » embrassant à la fois l’opinion des auteurs qui m’inspirent et la mienne. Pluralité, disais-je.

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Des racines immuables à la cime au-dessus de la mêlée, en passant par les embranchements infinis et le tronc qui relie les parties au tout : l’arbre comme métaphore de l’Histoire ?

Je tente de toujours garder en tête ce mot bien connu de Marc Bloch : « En sorte qu’en bien des cas le démon des origines fut peut-être seulement un avatar de cet autre satanique ennemi de la véritable histoire : la manie du jugement. » [Apologie pour l’histoire ou Métier d’historien]. Avec raison, nous condamnons aujourd’hui les critiques dépréciatives à l’endroit des cultures qui ne sont pas les nôtres. Il doit en être de même pour le passé : émettre un jugement de valeur sur un usage d’une époque antérieure s’apparente à du chronocentrisme. Une incapacité triste à se dépouiller de ses certitudes pour s’étonner et se réjouir d’une pratique différente ou singulière.

Pour le plaisir des visiteurs (et de l’auteur !), ce blogue alliera l’utile à l’agréable, l’humble érudition à l’anecdote éclairante. Toujours avec le souci de retranscrire le passé sans le trahir. Que votre lecture soit plaisante ou dérangeante, amère ou savoureuse, je vous remercie de votre passage.

Historiquement vôtre,

Helvetia Historica

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