Quand les femmes marquent l’histoire: pour en finir avec 3 clichés qui ont la vie dure

Le 14 juin, de nombreuses femmes se mettront en grève dans toute la Suisse et manifesteront pour l’égalité des droits. L’appel lancé il y a quelques semaines en faveur de cette mobilisation fait le constat suivant: «Nous sommes celles dont on ne parle pas dans les livres d’Histoire».

(Photographie de couverture: Ecole ménagère, Collège de Montriond, Lausanne, en 1952 © Fondation Vaudoise du Patrimoine Scolaire)

Voilà qui ne manque pas d’interroger. Pourquoi croit-on trop souvent que seuls des hommes ont fait progresser les sciences ou sont à l’origine de chefs-d’œuvre artistiques? Au départ, il y a plusieurs malentendus… et des clichés à démonter de toute urgence! Prêt-e pour un voyage jusqu’aux origines de fake news tenaces?

En bonus, découvrez en fin d’article un endroit absolument magique, situé quelque part dans la campagne vaudoise… et qui n’aurait jamais eu tant d’allure sans le travail acharné de femmes en avance sur leur temps.

Assez parlé, et en route pour notre aventure au pays des clichés!

Cliché #1: «Les femmes n’ont jamais travaillé avant le XXe siècle et c’est grâce à la Première Guerre mondiale qu’elles ont pu accéder à la vie active»

Le roi des mythes, c’est bien celui-là. Au café du commerce (ah! Qu’il était doux le temps des pintes de village!), dans les dessins animés (un peu moins depuis quelques années) ou dans les commentaires des journaux en ligne (beaucoup plus depuis quelques années), nos yeux qui n’en croient pas leurs oreilles lisent et entendent souvent que «les femmes ne travaillaient pas avant et c’était mieux ainsi, nananère».

T’es où? J’te vois pas!

En fait, c’est tout le contraire. Du Moyen Âge jusqu’au XIXe siècle, l’immense majorité des femmes travaille. Elles suent dans les champs. Elles sont domestiques ou ouvrières. Elles triment, elles s’éreintent. Oh, bien sûr, les aristocrates n’exercent pas d’activité rémunérée. Mais les hommes de leur condition non plus. Et cette classe sociale ne représente alors qu’une infime minorité de la population totale.

Alors comment expliquer le cliché de la femme sans emploi rémunéré, docilement occupée à l’éducation de sa (très) nombreuse progéniture? Un manque de sources, d’abord. Bien souvent, peu de documents nous sont parvenus qui permettent de quantifier l’ampleur du travail féminin. Je vais prendre un exemple. Bon, celui-là est du XXe siècle, mais il vous permettra de comprendre la logique de cette «invisibilisation» (désolé pour le mot barbare) du travail des femmes.

Mes grands-parents étaient paysans. Lui s’occupait de la traite. Elle donnait à manger aux lapins et aux poules. Tous deux faisaient les foins, veillaient sur le jardin, nettoyaient poulailler et écurie. Et pourtant, les rentrées d’argent étaient au nom de l’époux, tout comme le domaine ou les machines agricoles. De ma grand-mère, nulle trace. Au mieux, l’administration pouvait considérer qu’elle était une «aide» ou une «femme au foyer». Même si les affaires n’auraient tout simplement pas pu tourner sans la présence de ma grand-mère dans la ferme, son rôle actif et indispensable n’était pas reconnu officiellement. Voilà donc comment se déroule cette fameuse «invisibilisation».

Jeunes paysannes valaisannes dans les années 1910 © ETH-Bibliothek Zürich, Bildarchiv / Fotograf: Unbekannt / Fel_000637-RE / Public Domain Mark

Le bourgeonnement de la bourgeoisie

Le mythe de la mère au foyer ne s’est pas répandu qu’en raison d’un manque de sources écrites, vous vous en doutez bien… Figurez-vous qu’en Suisse, cette vision tronquée s’impose peu à peu à partir de 1848, date de la naissance de l’État fédéral démocratique. Enfin, démocratique, c’est un bien grand mot… Après tout, les femmes sont d’emblée écartées du monde politique, ce qui revient à museler plus de 50% de la population.

A compter de ce moment-là, et jusqu’à la Première Guerre mondiale, une classe sociale règne en maître sur le pays: la bourgeoisie. Mais attention! Ce mot n’a plus tout à fait le sens que nous lui donnons aujourd’hui, lorsque, tels des chevaliers de la langue française contemporaine, nous traitons de «gros bourges pétés de thunes» les nantis de ce monde. Le bourgeois de la Belle Époque, amoureux des arts et des lettres, aurait eu la nausée si vous l’aviez confondu avec les fils à papa bling-bling un peu beaufs, Rolex au poignet, main virile sur un volant en cuir de crocodile, cheveux dans le vent, et regard dans le vide.

Oui, j’exagère un peu, mais il faut bien comprendre que la bourgeoisie façon XIXe siècle a une définition bien précise: «Elle rassemble une bonne partie des commerçants et artisans indépendants, le patronat, les professions libérales (médecins, avocats, artistes), les hauts fonctionnaires, les cadres et les personnes vivant de leurs rentes, soit 16% de la population active en 1888 et 1910. […]

[Le modèle culturel de la bourgeoisie] se fondait sur un comportement rationnel, sur l’individualisme et la responsabilité personnelle, sur l’indépendance de jugement, mais accordait aussi beaucoup d’importance à la famille [attention ce qui suit nous intéresse beaucoup beaucoup] et au partage des rôles selon le sexe.

L’épouse et les filles d’un bourgeois n’avaient pas d’activité lucrative: cette convenance, l’une des plus nettes et des plus visibles, démontrait l’aisance relative du ménage et permettait à la fois de se démarquer des classes moyennes où les femmes participaient au commerce, et de se rapprocher d’un genre de vie distingué.» [Source: article «Bourgeoisie» du Dictionnaire historique de la Suisse].

Femmes bourgeoises à la mode, vers 1900 © ETH-Bibliothek Zürich, Bildarchiv / Fotograf: Unbekannt / Ans_06136 / Public Domain Mark

Tu ne seras pas trop instruite, ma fille

Notre enquête avance. La bourgeoisie du XIXe siècle, qui domine la politique, l’économie et la culture, domine par conséquent également les représentations collectives. Sa vision du monde l’emporte sur toutes les autres. Elle semble légitime pour la simple et triviale raison qu’elle est aux commandes.

Autrement dit, l’exemple d’un foyer où les femmes ne travaillent pas s’impose comme un modèle à suivre. Et pourtant, seule 1 personne vivant en Suisse sur 6 appartient alors à la bourgeoisie! Mais comme cette minorité dispose d’importants pouvoirs, elle parvient à transformer tout un modèle de société. Jugez plutôt: en 1870, plus d’un travailleur sur deux est une travailleuse (c’est-à-dire davantage qu’en 2011…). A la veille de la Première Guerre mondiale, la part des femmes dans la population active tombe à 47% et chute à 35% en 1941.

Quid des foules féminines œuvrant dans les usines au cours de la Première Guerre mondiale? Si cette image a tant marqué, c’est peut-être parce qu’elle a heurté le modèle dominant, qui cherchait à assigner les femmes à domicile.

De nombreuses mesures permettent d’expliquer le progressif effritement de la présence des femmes dans les milieux professionnels. A partir des années 1830, l’enseignement primaire se généralise dans toute la Suisse, et pour les filles aussi. Mais le diablotin patriarcal veille au grain. Les filles sont scolarisées moins longtemps. Elles n’ont parfois pas accès à certaines matières, comme la géométrie ou la physique. Autrement dit, les prestigieuses matières scientifiques sont l’apanage des hommes.

Quant à l’accès aux études supérieures, n’en parlons même pas… Enfin si, puisqu’il est aussi une source de confusion. On croit souvent que les Suissesses ont enfin pu ouvrir triomphalement les portes des universités dès la fin du XIXe siècle. La vérité est bien plus nuancée: au début des années 1910, l’immense majorité des femmes inscrites dans les universités helvétiques vient de Russie, où les hautes études sont interdites à la gent féminine. Le saviez-vous? C’est une Russe qui obtient le premier diplôme universitaire décerné à une femme dans toute l’histoire de la Confédération.

Tu apprendras à manier le fil et l’aiguille, jeune écolière

Pour ne rien arranger à la condition féminine, le pape remue à son tour le couteau dans la plaie. En 1929, dans une encyclique bien peu inspirée, il affirme que les classes mixtes sont un «danger pour la jeunesse». Oups, il a sans doute mal lu les nombreux versets bibliques dans lesquels Jésus s’entretient avec des femmes… Quoiqu’il en soit, les cantons catholiques rechignent à développer des classes où garçons et filles seraient mélangés, soucieux qu’ils sont de ne pas contrarier le roitelet du Vatican.

Peu de temps après, l’enseignement des tâches ménagères se développe en Suisse. Inutile de dire qu’il est destiné aux jeunes filles… Le modèle de la femme au foyer se répand comme une sinistre traînée de lessive en poudre. Et il faudra des décennies avant que cela change. Ce n’est qu’en 1985 (non, vous ne rêvez pas) que la Landsgemeinde de Nidwald abroge l’obligation des cours ménagers pour les filles. Merci pour elles!

Lucernoise à la machine à coudre, en 1974 © ETH-Bibliothek Zürich, Bildarchiv / Fotograf: Schmid, Josef / Com_L23-0544-0002-0006 / CC BY-SA 4.0

Vous souriez, en vous disant que nos chers compatriotes alémaniques sont décidément bien en retard? Ravalez-moi vite cette fierté romande mal placée: en 1982, le canton de Vaud se fait taper sur ses doigts sexistes par le Tribunal fédéral. Les jeunes Vaudoises devaient en effet obtenir une moyenne supérieure à celle que l’on exigeait des garçons pour accéder à l’école secondaire. Une façon efficace de les écarter des études supérieures. Y’en a toujours point comme nous?

Cliché #2: «Les femmes n’ont joué aucun rôle important dans l’histoire»

Là, on s’étranglerait presque. Dès le Moyen Âge, d’immenses femmes de lettres connaissent le succès, à l’image de Christine de Pisan, Marie de France ou Marguerite de Navarre, pour ne citer qu’elles. Mais la propagande bourgeoise du XIXe siècle a bien rempli son rôle et l’on tend aujourd’hui à attribuer les gloires du passé à des hommes. La faute aussi à la valorisation de «l’histoire-bataille» au XIXe siècle, c’est-à-dire cette façon de considérer le passé comme une succession de dates de guerres célèbres… au cours desquelles des hommes tapent sur des hommes pour augmenter la taille du domaine d’autres hommes (oui, oui, je caricature encore… Promis, je vais essayer d’arrêter).

Dans cette façon d’écrire l’histoire, il n’y a de place que pour les grands personnages, souvent des rois ou des chefs militaires importants. En ce qui concerne la Suisse, cela en revient à considérer la bataille de Sempach et le légendaire Winkelried comme l’alpha et l’oméga de toute compréhension du passé, au détriment de l’histoire culturelle ou de l’histoire sociale. Et quand histoire-bataille et mythes se rencontrent, je ne vous raconte même pas! Cela débouche à faire croire à des générations de Suisses que la prairie du Grütli a vu naître la Confédération ou que Guillaume Tell a permis de défendre la liberté helvétique.

Combat pour la santé…

Bonne nouvelle, cette façon d’écrire le passé, c’est de l’histoire ancienne (et depuis longtemps déjà, même si les mentalités mettent plus de temps à évoluer). De nouvelles approches valorisent des rôles jadis regardés de haut. Prenons l’exemple d’Anna Heer, née en 1863. Elle devient médecin à la fin du XIXe siècle et jouera un rôle important dans la valorisation du travail des infirmières, en cherchant à améliorer leur formation. Elle fait d’ailleurs construire une école qui leur sera destinée, et place une femme à sa tête.

… et le suffrage féminin

En 1971, les Suissesses obtiennent enfin le droit de vote. Mais des années plus tôt, les femmes du village haut-valaisan d’Unterbäch ont été pionnières en la matière. Pourquoi donc? Eh bien, en 1957, elles reçoivent l’autorisation du conseil municipal de participer à un scrutin fédéral, malgré l’avis contraire des autorités valaisannes et suisses (cela ne vous étonnera pas, ces messieurs les dirigeants craignant pour leurs privilèges).

L’objet du vote les concerne tout particulièrement: il s’agit de les intégrer à la protection civile. Bien que l’acte soit jugé «illégal», 33 femmes sur 86 se rendent au vote. Ces citoyennes d’un jour sont donc les premières à avoir pu exercer un droit politique de cette nature, même si leurs bulletins n’ont jamais été dépouillés… Deux ans plus tard, les Vaudoises étaient les premières Suissesses à obtenir le droit de vote dans leur canton (ouf, ce cher canton de Vaud se rattrape un peu).

Les femmes ne veulent pas voter, qu’ils disaient

J’y pense, vous avez peut-être déjà visionné des archives d’émissions télévisées des années 1950, 1960 ou 1970. On y entend parfois le témoignage de certains hommes qui affirment, très confiants et avec quelques traits d’humour gras, que «de toute façon, les femmes elles-mêmes n’ont aucune envie de voter, alors pourquoi leur accorder un droit dont elles ne veulent pas, crénom de sort de tonnerre de Brest? Elles sont heureuses derrière leurs fourneaux lol» (bon, peut-être que le gars en question n’a pas prononcé de «lol» dans l’émission, je n’en suis plus très sûr…)

Une fois encore, il s’agit d’un cliché! En octobre 1959, le Conseil national refuse de mener une étude à large échelle visant à déterminer si les femmes souhaitent ou non pouvoir voter. Difficile donc de parler en leur nom quand on refuse même de les écouter.

Moralité? Changeons nos représentations de l’histoire! Le passé ne se résume pas à quelques prouesses militaires! Des exemples comme celui d’Anna Heer ou des femmes d’Unterbäch, il en existe des dizaines. Encore faut-il vouloir leur accorder de l’attention… et en transmettre le souvenir.

Cliché #3: «Plus besoin de mener de combat puisque les femmes ont obtenu l’égalité et le droit de vote il y a bientôt 50 ans»

Peu à peu, le modèle bourgeois hérité du XIXe siècle s’effrite. A la fin des années 1960, la société évolue en profondeur. L’accès aux hautes écoles devient plus aisé pour les femmes et pour les personnes issues des classes les plus défavorisées. La pilule contraceptive transforme la sexualité.

Pourtant, l’égalité juridique entre les hommes et les femmes n’est inscrite dans la Constitution fédérale qu’en 1981. Quant à la concrétisation de ce bel idéal, il s’agit d’une autre histoire… et rien ne garantit le retour d’une idéologie défavorable aux droits des femmes.

Voyez un peu aux États-Unis: en mai 2019 (non, non, vous ne rêvez toujours pas), l’Alabama vote une loi qui verrouille l’accès à l’avortement, même en cas de viol. Et si un médecin était tenté de pratiquer une telle intervention, il risquerait jusqu’à 99 ans de prison… Du délire à l’état pur qui n’appartient hélas pas au domaine de la fiction.

Démocratie directe et droits des femmes

La Suisse peut-elle se croire épargnée par ce grand bond en arrière? En 2013, une initiative populaire qui proposait des déductions fiscales aux parents gardant eux-mêmes leurs enfants a été votée par les citoyens suisses: la figure de la femme au foyer a joué un rôle central dans le résultat, qui s’est tout de même soldé par un refus à 58,5 %.

Un autre texte constitutionnel destiné à faire cesser le remboursement de l’avortement par l’assurance-maladie a été soumis au verdict des urnes en 2014. Près de 4 votants sur 10 ont jugé bon d’opter pour cette mesure.

Et incroyable mais vrai: le 14 juin prochain, jour de la grève des femmes, certaines membres romandes d’un parti dont la première initiale commence par un U et la dernière par un C ont décidé d’organiser un repas de soutien à une association anti-avortement. Une belle preuve de solidarité féministe (humour noir, quand tu nous tiens).

Chose promise, chose due: à la découverte d’un lieu d’exception façonné par des femmes

Mais ne nous laissons pas abattre pour autant! Pourquoi ne pas profiter d’une balade agréable dans un endroit enchanteur, après cette plongée dans l’histoire des femmes? Je vous emmène à Vullierens, et plus précisément dans les jardins de son magnifique château du XVIIIe siècle.

Le château de Vullierens, c’est d’abord un domaine de tous les superlatifs: rien de moins que 100 hectares appartenant à la même famille depuis plus de 700 ans. La vue sur les Alpes (Mont-Blanc y compris, s’il vous plaît) est à couper le souffle.

Château de Vullierens

Aux origines d’un joyau architectural

La splendide demeure que vous pouvez admirer aujourd’hui a été construite entre 1706 et 1712, à l’emplacement d’un château médiéval détruit pour l’occasion. Les amoureux du Moyen Âge pardonneront aux propriétaires d’alors d’avoir cherché à améliorer leur confort… tout en faisant étalage de leur bon goût.

Mais Vullierens n’est pas le premier palais du coin. Quelques années plus tôt, un autre château voit le jour tout près de là. Selon une légende, il serait le fruit d’une volonté féminine: l’épouse du seigneur de L’Isle, originaire de France, aurait refusé de prendre ses quartiers dans la vétuste bâtisse qui devait lui servir de foyer. C’est alors que son mari, Charles de Chandieu, accepte de faire construire un château en bonne et due forme. Ce dernier ne tarderait pas à être surnommé le «Petit-Versailles»…

Un héritage féminin

Le temps passe, mais le château de Vullierens reste encore et toujours dans les mains de la même famille. A la fin du XIXe siècle, c’est Georgina de Mestral, fille aînée d’une grande fratrie, qui hérite du domaine, selon le désir de son père. Voilà un joli pied-de-nez au destin. Et un véritable scandale pour l’époque, si l’on en croit les dires du châtelain actuel, Robert Bovet, qui est aussi le petit-fils de Georgina de Mestral.

En 1899, cette dernière prend pour époux Samuel Bovet, missionnaire protestant. Ils émigrent au Mozambique et en Afrique du Sud, afin d’évangéliser les populations locales. Ils auront un fils l’année suivante, Bernard. Mais c’est l’épouse de celui-ci, Doreen, une femme d’origine américaine, qui donnera à Vullierens les jardins privés parmi les plus grandioses de Suisse.

Les jardins d’iris de Vullierens

Les Jardins de Vullierens: un petit air de paradis perdu

Dans les années 1950, Doreen plante les premiers iris dans les abords du château. N’allez pas imaginer qu’elle se contente d’admirer ses fleurs! Elle réalise au contraire un extraordinaire travail d’entrepreneuse, en organisant des floralies dès 1955. Le fruit des ventes d’iris permet de financer une partie de l’entretien du château. Jusqu’à sa mort en 1974, Doreen se voue au développement de son œuvre.

Les jardins abritent aujourd’hui 400 variétés d’iris… et bien plus encore: le domaine a su diversifier son offre florale. On y trouve des tulipes, des roses, des pivoines, des rhododendrons… De quoi satisfaire les yeux des visiteurs tout au long de la belle saison, puisque les iris, eux, n’affichent leurs couleurs que durant une courte période. Et puis, de nombreux arbres, dont certains sont très majestueux, vous permettront de savourer une promenade à l’ombre.

Pour l’anecdote, sachez que le châtelain, Robert Bovet, a un jour trouvé un petit séquoia dans les poubelles d’une jardinerie. Une fois planté près du château, l’arbre a prospéré, jusqu’à ce qu’un vieux chêne s’abatte sur lui! On a bien cru que le pauvre séquoia était condamné, on avait presque sorti des violons pour lui jouer un requiem… quand il a rapidement montré les signes de son rétablissement! Les chats ne sont apparemment pas les seuls à avoir sept vies.

Visiter le domaine

Le château lui-même ne se visite pas, puisque le dernier descendant de la famille qui possède le domaine y vit encore. Mais quel bonheur de déambuler dans les jardins, de se risquer dans les caves de la demeure, de s’asseoir sur un banc pour admirer la vue sur le Mont-Blanc!

Les plus petits trouveront eux aussi de quoi s’émerveiller, tout au bout du domaine, dans une vaste forêt mystérieuse, au cœur du royaume du Roi Lézard…

Au bout de l’allée, un monde magique s’offrira à vous…

Toutes les informations pratiques sont disponibles en cliquant ici.

Yannis Amaudruz, pour Helvetia Historica

Château de Vullierens

Bibliographie

Appel pour une grève féministe et des femmes (10 mars 2019)

Dictionnaire historique de la Suisse

Femmes Pouvoir Histoire 1848-2000 (chronologie détaillée consacrée à l’histoire des femmes en Suisse et disponible en ligne sur le site Internet de la Confédération)

DELACROIX, C., Dosse, F., Garcia, P. et OFFENSTADT, N. (dir), Historiographie I, Concepts et débats, Paris: Gallimard, 2010, coll. Folio Histoire.