Une histoire de la ville de Lucerne au-delà des clichés touristiques

Certaines villes (et parfois des régions entières) drainent des masses de touristes si considérables qu’elles nous semblent perdre leur authenticité. Les autochtones s’en vont sous la pression immobilière. Les auberges et les bars de quartier cèdent leur place à des reconstitutions kitschs de «restaurants traditionnels». Ce phénomène n’est guère cantonné à Paris, Rome ou Barcelone. La Suisse y est aussi confrontée.

Prenons un exemple. La ville de Lucerne accueille chaque année près de 10 millions de touristes, pour une population d’environ 80’000 habitants. Lors des beaux jours, les quais  sont littéralement assaillis par des groupes qui suivent invariablement le même parcours: un selfie devant le Kapellbrücke, un autre face au lion sculpté dans la roche, puis quelques achats de souvenirs. Ainsi font, font font, trois petits tours et puis s’en vont. Evidemment, la manne financière est colossale.

Revers de la médaille oblige, Lucerne est devenue dans l’imaginaire collectif suisse une carte postale stéréotypée. Une sorte de caricature de tous les clichés dont on affuble le pays: les montagnes en toile de fond, un lac sous les yeux, des banques aux façades imposantes. Du propret, du joli. Mais est-ce si attirant que cela?

Lucerne

La ville de Lucerne telle qu’elle est représentée dans la totalité des brochures touristiques

Pour autant, le patrimoine de la ville de Lucerne ne demande qu’à être découvert. Lors de ma visite, (nous étions alors en plein mois d’août), le soleil était radieux, pas un seul nuage n’obscurcissait l’horizon. Tous les ingrédients étaient donc réunis pour que la foule soit au rendez-vous. Et pourtant, que de surprises et de trésors! Les sites les plus intéressants de la cité étaient quasiment délaissés par les visiteurs d’un jour. Il est par conséquent tout à fait envisageable d’explorer la cité de façon agréable. Suivez-moi pour une nouvelle balade historique.

Pour commencer votre excursion dans de bonnes conditions, procurez-vous un plan de la ville (gratuit) à l’Office du tourisme de la gare centrale. Pour bénéficier d’une description des monuments principaux de la ville en français, adressez-vous à l’un des employés. Seules les versions anglaise et allemande sont en effet disponibles en libre-service. Je vous révélerai en fin d’article un monument qui ne se trouve pas dans la brochure, mais dont on pourrait dire sans exagérer qu’il compte parmi les plus grands chefs-d’œuvre architecturaux de Suisse.

DSC_0028

Commencez votre visite le long des quais qui font face à la gare et au centre de culture et de congrès (Kultur- und Kongresszentrum Luzern, en allemand). La vue sur l’église collégiale Saint-Léger (que nous irons visiter tout à l’heure) est un excellent prétexte pour revenir sur l’histoire médiévale de la ville.

Au Moyen Âge, Lucerne est concentrée autour de l’église Saint-Léger. Deux noyaux  existent également de part et d’autre de la Reuss, la rivière qui traverse la cité. La ville connaît un essor économique important lors de l’ouverture de la route du Saint-Gothard, qui facilite enfin le trafic des marchandises à travers les Alpes, au début du XIIIe siècle.

Lucerne peut se frotter les mains. Elle est alors une étape déterminante, puisqu’elle se trouve dans l’axe commercial qui permet de relier le monde germanique à Milan. Cette croissance conduit à la tenue d’importantes foires, qui participent à la prospérité.  Malgré tout, Lucerne demeure une ville de taille modeste et ne dépasse pas les 4’000 habitants à la fin du XIVe siècle.

Il est temps de traverser le fleuve pour se rendre à l’église collégiale Saint-Léger. Empruntez le pont de la Chapelle. Je vous conseille de le faire en début de matinée, avant l’afflux des voyageurs. Vous serez plus à l’aise pour contempler la charpente, décorée de dizaines de panneaux de bois peints. Ils représentent notamment l’histoire de la ville et la vie des patrons de Lucerne, à savoir Saint Léger et Saint Maurice (ce dernier est lié à la Légion thébaine: cliquez ici pour en savoir davantage à ce propos).

Tableau du pont de Lucerne

L’un des nombreux tableaux qui ornent le pont de la Chapelle. Au centre, il s’agit de saint Maurice.

Le fameux pont voit le jour au cours du XIVe siècle. A l’époque, des hordes de touristes ne le photographient pas encore en ayant le sentiment de contempler un ouvrage unique en son genre. Bien au contraire. Des ponts similaires existent alors dans de nombreuses autres villes, dont certains ont survécu jusqu’à nos jours (ou ont été reconstruits après avoir subi d’importants dégâts). Vous en trouverez à Fribourg, à Martigny, à Olten (un incendie l’a récemment endommagé) ou encore à Aarberg, dans le canton de Berne.

Sachez cependant que le pont que vous avez sous les yeux n’a plus grand-chose d’authentique, contrairement à ce que les brochures touristiques vous feront croire. En effet, au XIXe siècle, il a été raccourci lors d’aménagements urbains. Ce n’est que dans la seconde moitié du siècle que la conservation du pont suscite de l’intérêt. Vous en devinez le motif principal? Le tourisme commençait à prendre de l’ampleur, bien entendu! Le pont, devenu peu à peu le symbole de la ville, est alors certain de survivre. Du moins, on aurait pu le croire…

En effet, lors d’un terrible incendie survenu en août 1993, les deux tiers de l’ouvrage sont partis en fumée. Il aurait été impensable pour la ville de ne pas reconstruire le pont, considérant les retombées financières qu’il représentait pour l’industrie touristique. 3,4 millions de francs et huit petits mois plus tard, le pont était donc à nouveau accessible aux passants. A n’en pas douter, des dizaines de trésors menacés de notre patrimoine rêveraient d’une mobilisation aussi rapide du monde politique

Seuls 25 tableaux ont échappé au feu, sur la centaine qui existait. Vous constaterez toutefois qu’ils sont bien plus nombreux à être visibles aujourd’hui. Comment l’expliquer? Les œuvres retirées lors des raccourcissements du pont ont été réintégrées au monument. Malgré tout, des places demeurent vides. La droite de l’échiquier politique rêve que des copies payées grassement par un riche avocat de la ville comble les trous; la gauche plaide pour la réalisation d’œuvres mettant en avant des «thématiques contemporaines». Comme vous le constatez, le patrimoine et l’authenticité historique sont parfois eux aussi pris en otage pour de stériles questions idéologiques. Il semblerait toutefois que beaucoup d’eau coulera sous le pont avant qu’une décision soit prise.

Vous vous demanderez peut-être pourquoi une tour se trouve au milieu du pont. La réponse est à chercher du côté du rôle original de l’ouvrage. A l’époque de sa construction, il a en effet été pensé comme une partie intégrante du système défensif de la ville. La tour n’était donc pas un agréable objet de décoration, mais servait à surveiller les environs de Lucerne. Pour l’anecdote, sachez que le plan qui nous sert de guide proclame qu’il s’agit du «monument le plus photographié de toute la Suisse». Comment pourrait-on bien le savoir? Il doit y avoir un préposé au comptage des appareils photographiques, caché dans la tour. Mais cela, l’histoire ne le confirme pas…

Poursuivez maintenant votre route jusqu’à l’église collégiale Saint-Léger. A la la fin du VIIIe siècle déjà, un monastère se trouvait à l’emplacement de l’édifice actuel. Celui-ci est cependant bien plus récent et a été consacré en 1644. Il faut dire qu’un incendie (encore un!) avait anéanti le bâtiment précédent, qui plus est le jour des célébrations de Pâques, en 1633.

St-Léger de Lucerne

Détail de la façade de l’église : l’archange Michel terrassant le dragon.

DSC_0083

Reliefs sur le côté droit de l’entrée principale. Au centre, une nouvelle représentation de saint Maurice.

Détailler l’ensemble des œuvres remarquables qui se trouvent dans cette église gâcherait votre plaisir lors de votre venue, en plus d’être fastidieux. Je ne mentionnerai donc que deux éléments, tous deux sauvés de l’incendie de 1633: l’autel du salut de l’âme (on y voit notamment la Vierge tenant le corps du Christ dans ses bras) et le crucifix surplombant le chœur, datant du XIVe siècle.

Autel du salut de l'âme

Autel du salut de l’âme

La grille du chœur et le crucifix

La grille du chœur et le crucifix

Dans l’église, une brochure explicative en français vous permettra d’en savoir davantage sur l’histoire de l’édifice et sur les différentes partie qui le composent. Une fois votre visite achevée, rejoignez la Löwenstrasse et rendez-vous dans le musée qui abrite le panorama Bourbaki.

«Comment pourrait-on admirer un panorama dans un musée?», pensez-vous peut-être. Il convient tout d’abord d’expliquer ce que ce terme signifie dans le cas présent. Au départ, le mot ne désigne en effet pas une vue offerte sur un paysage. Il s’agit d’une peinture circulaire qui permet au spectateur d’avoir une vue à 360 degrés. Situés au centre de la pièce, les visiteurs ont alors le plaisir de pouvoir découvrir une vue d’ensemble du tableau. Les téléphones portables d’aujourd’hui ont remis cette mode au goût du jour, grâce à la fonction «panorama» de leur appareil photographique.

Les panoramas peints apparaissent à la fin du XVIIIe siècle, à Edimbourg. Tout au long du XIXe siècle, ils connaîtront un immense succès en Europe. A cette époque, le cinéma n’existait bien entendu pas encore, et de telles illusions d’optique constituaient de véritables attractions populaires. Les panoramas représentaient souvent des scènes historiques (le visiteur avait alors le sentiment de se trouver plongé dans l’action) ou des vues urbaines.

Avec l’émergence du septième art, les panoramas peints ont progressivement disparu. Nombreux sont ceux qui ont été détruits. En Suisse, il en existe encore trois qui sont accessibles au public, dont celui de Lucerne (vous en apprendrez davantage à ce sujet dans le numéro de juin 2018 du mensuel romand Passé simple).

L’histoire du panorama Bourbaki commence pour sa part en 1881. Le tableau circulaire a été peint à Genève par l’artiste Edouard Castres. En 1889, l’œuvre déménage à Lucerne, où elle demeure aujourd’hui.

Le sujet représenté sur ce panorama n’est pas sans importance pour l’histoire de la Suisse. En effet, on y voit l’armée française du général Bourbaki, passant la douane des Verrières, dans le canton de Neuchâtel. D’autres postes frontaliers verront affluer des soldats, qui seront secourus par la population civile. Au total, ce sont 87’000 hommes qui trouvent asile en Suisse. La scène se déroule entre le 1er et le 3 février 1871, alors que la guerre franco-allemande s’achève sur une défaite de la France. Le Conseil fédéral répartit les réfugiés dans tous les cantons, à l’exception du Tessin.

Enfin, c’est à cette occasion que la Croix-Rouge est intervenue pour la première fois lors d’une crise humanitaire de grande ampleur, en portant une assistance médicale aux soldats. Le panorama d’Edouard Castres, avant de représenter les conséquences de la guerre franco-prussienne, célèbre ainsi une Suisse humanitaire et neutre. Il constitue une étape importante dans la fabrication de l’identité collective du pays, ce qui a sans doute participé au fait qu’il ait été conservé jusqu’à nos jours.

Panorama Bourbaki

Grâce à un «faux-terrain» (à savoir la présence à l’avant-plan d’un décor fait de vrais objets et de mannequins), l’illusion d’assister en direct à l’événement est renforcée. Une sorte de cinéma en 3D avant l’heure.

Panorama BourbakiDSC_0489DSC_0508

Après votre visite du musée, prenez un court instant pour aller observer le Monument du Lion. Il ne se situe qu’à quelques pas du panorama Bourbaki. Sculpté en 1820-1821 par l’artiste danois Bertel Thorvaldsen, il commémore le massacre des mercenaires suisses au service de Louis XVI, en 1792. Les gardes ont été tués par les révolutionnaires, lorsque ceux-ci ont envahi le Palais des Tuileries à Paris.

Les brochures touristiques vous citeront, d’une façon naïve et peut-être pour vous arracher une larme, ces mots que l’écrivain Mark Twain a écrits au sujet du monument: «le plus triste et le plus bouleversant morceau de roche du monde». Elles ne vous diront rien en revanche sur les arrière-pensées politiques qui se cachent derrière cette sculpture. En plus d’avoir été financée par plusieurs monarchies européennes, elle se trouve au cœur d’une ville profondément catholique. Il s’agit donc de marquer par l’art son refus des idéaux révolutionnaires… Ce détail n’a pas échappé aux libéraux de l’époque, qui ont envisagé un temps de couper l’une des pattes du lion.

La devise latine qui surplombe le félin signifie «A la loyauté et à la bravoure des Suisses». Quant au lion lui-même, transpercé par une lance ennemie, on le voit veiller une dernière fois sur la monarchie française (symbolisée par la fleur de lys qui décore l’un des boucliers). Le second bouclier, orné d’une croix, évoque la Suisse. Force est donc de constater que ce monument représente une Suisse alliée de la monarchie. Une œuvre idéologique, en somme.

Lion de Lucerne

Si vous souhaitez jouir d’une belle vue sur Lucerne avant de continuer la visite des monuments de la ville, suivez la promenade suggérée sur le plan de l’office du tourisme. Vous vous baladerez sur les anciens remparts et rejoindrez ensuite les quais de la Reuss, juste avant de traverser le fleuve par le pont des Moulins, lui aussi fait de bois, mais dont la renommée ne dépasse guère les frontières cantonales.

DSC_0430

Pourtant, en meilleur état de conservation, il contient lui aussi des panneaux peints, réalisés entre 1626 et 1635, dont la thématique est la danse macabre. Il s’agit d’un genre artistique qui représente l’humanité face à la mort, de sorte à rappeler à tous que la vie se soldera par le trépas, indépendamment de la condition sociale. Ne vous hâtez pas trop puisqu’il s’agit de l’ensemble de ce type le plus important de Suisse (en plus d’être une petite piqûre de rappel à toutes les grosses têtes de ce monde, pourrait-on ajouter en guise de plaisanterie).

Il est maintenant temps d’aller vous perdre dans les quartiers historiques du sud de la ville, que l’on appelle le «Petit-Lucerne». Plusieurs monuments de grand intérêt s’y trouvent, notamment l’église des Franciscains et celle des Jésuites. La première date de la fin du XIIIe siècle et a connu de nombreuses modifications par la suite. Si vous avez apprécié l’église collégiale Saint-Léger, vous serez subjugué par cet édifice. Un site Internet (cliquez ici pour le découvrir) vous donnera des détails sur chacun des éléments architecturaux de l’église.

Vestibule de l'église des Franciscains de Lucerne

Plafond décoré d’anges du vestibule conduisant aux chapelles de Marie et de Saint-Antoine.

Eglise des Franciscains de Lucerne

La chaire, sur la droite, est un chef-d’œuvre de la Renaissance et date de 1628.

Chœur de l'église des Franciscains de Lucerne

Stalles et maître-autel

Dans le jardin qui jouxte l’église, vous trouverez une fontaine surplombée d’une remarquable Vierge à l’Enfant.

DSC_0405

Poursuivez ensuite votre promenade, après avoir pris le temps de jeter un œil aux nombreuses curiosités architecturales qui se présenteront à vous dans les rues que vous traverserez. Un exemple? Voyez ci-dessous:

DSC_0424

Pénétrez maintenant dans l’église des Jésuites. Le contexte de sa construction mérite que l’on s’y attarde. Entre 1545 et 1563 s’est tenu le concile de Trente, une vaste assemblée de représentants ecclésiastiques. L’un des objets principaux des débats a été l’attitude que l’Eglise catholique devait adopter à l’égard du protestantisme, à une époque où la Réforme provoque des ruptures religieuses. On décide à cette occasion d’instituer des établissements d’enseignement supérieur, non seulement pour offrir une meilleure formation aux curés, mais aussi pour discipliner le clergé.

En Suisse, cette fonction sera assurée par les jésuites, un ordre religieux fondé quelques années avant le concile de Trente. Cette compagnie, en plus de s’atteler à des tâches de prédications, avait pour but de répandre et de défendre la foi catholique, en dispensant par exemple un enseignement supérieur. L’homme qui se trouve à la tête de l’ordre réside à Rome, directement soumis à l’autorité du pape. En un sens, les jésuites constituent donc un groupe investi dans la lutte contre les progrès de la RéformeUne armée idéologique, diront certains.

Il n’y a donc rien de surprenant à ce que les jésuites soient appelés à Lucerne à la fin du XVIe siècle. Ils finissent par s’y établir durablement, après avoir été confrontés à certaines difficultés, telles que les ravages de la peste. Après onze ans de travaux, leur église (celle dans laquelle vous vous trouvez en ce moment) est consacrée en 1677. Les superlatifs abondent spontanément pour en décrire la splendeur. A nouveau, rien d’étonnant à cela: une architecture somptueuse sert le projet de défense de la foi catholique, en réaffirmant son rayonnement.

A la fin du XVIIIe siècle, l’ordre est finalement interdit par le pape. Certains Etats, peu à peu devenus très centralisés (pensons par exemple à la France), ont en effet ressenti l’influence des jésuites comme une concurrence inacceptable. Ces derniers n’étaient-ils pas soumis avant tout au pape?

L’histoire ne s’arrête pas là. Après le long épisode révolutionnaire qui a secoué toute l’Europe, le pape restaure l’ordre des jésuites en 1814. Ceux-ci ne tardent pas à regagner la Suisse, d’abord en Valais et à Fribourg. Ils reviennent à Lucerne en 1845.

Tout se précipite à ce moment-là: la guerre du Sonderbund éclate en 1847. A son issue, les jésuites sont expulsés du territoire suisse et interdits par la première Constitution de 1848. Cette interdiction ne sera levée qu’en 1973. Depuis quelques années, un jésuite est à nouveau à la tête de l’église dans laquelle vous êtes entré.

Nef principale de l'église des Jésuites de Lucerne

Nef principale

Eglise des Jésuites de Lucerne

Statue de Nicolas de Flue

Statue de Nicolas de Flue, dans la chapelle du frère Saint-Nicolas. Ce personnage a joué un rôle important dans l’histoire culturelle de la Suisse. Cliquez ici pour en savoir davantage.

Avant la dernière étape de notre excursion (et celle qui constitue à mon sens l’étape la plus extraordinaire de la visite), traversez une nouvelle fois la Reuss dans le but d’admirer les façades peintes de certaines maisons.

DSC_0458DSC_0446

Retournez maintenant sur la place de la Gare et prenez le car postal n° 71 (direction Eigenthal, Talboden) jusqu’à l’arrêt Hergiswald, Kirche. Le trajet ne durera pas plus d’une vingtaine de minutes et, pour peu que le beau temps soit de la partie, vous profiterez de vues charmantes sur la campagne lucernoise.

Qui plus est, lorsque votre bus s’élancera dans la montagne, celui-ci fera retentir le célèbre klaxon des cars postaux. Il reprend les premières notes de l’opéra «Guillaume Tell» de Rossini. Une manière de concilier l’un des mythes fondateurs à la technologie moderne. Ces fameux mythes fondateurs vous intéressent-ils? Cliquez ici pour en savoir davantage à leur propos.

Vous vous demandez certainement où votre bus se dirige, n’est-ce pas? Il vous conduit tout droit vers l’église d’Hergiswald, qui compte probablement parmi les édifices religieux les plus remarquables de Suisse centrale. L’église a été construite au début du XVIe siècle, avant de connaître plusieurs agrandissements au cours du XVIIe siècle. Elle a été pensée comme un but de pèlerinage et constitue un témoignage tout à fait grandiose de la période baroque. A mon sens, elle mériterait à elle seule un voyage dans la région de Lucerne. Jugez plutôt:

Eglise d'Hergiswald

Eglise d'Hergiswald

Eglise d'Hergiswald

Eglise d'HergiswaldDSC_0305Eglise d'HergiswaldDSC_0240DSC_0164Eglise d'HergiswaldEglise d'Hergiswald

C’est sur cette note presque céleste que s’achève notre excursion lucernoise. Quant à vous, chères lectrices et chers lecteurs, quelles curiosités de la ville méritent-elles selon vous d’être découvertes?

Yannis Amaudruz, pour Helvetia Historica