Propagande d’Etat: mode d’emploi suisse

Premier épisode de la série documentaire consacrée à l’Exposition nationale de 1939. Consultez aussi l’article suivant.

 

A la fin des années 1930, dans le but affiché de contrer les idéologies totalitaires et expansionnistes italo-allemandes, une politique de « défense spirituelle » s’affirme (de l’allemand Geistige Landesverteidigung, traduit également en italien par Difesa spirituale – ou Difesa del Paese) : il s’agit d’une volonté d’assigner à la « culture helvétique » le rôle de rassembler le peuple autour de valeurs communes, dans le dessein affiché de contrer les propagandes fasciste et nationale-socialiste. La défense spirituelle, en tant qu’instrument politique, atteindra son point d’acmé en 1939, à l’occasion de l’Exposition nationale de Zurich (surnommée la Landi) : durant cette manifestation, le repliement identitaire qui s’opérera jusqu’à la fin de la Seconde Guerre mondiale est légitimé, parallèlement aux stratégies militaires mises en place. Armée et idéologie politique s’allient donc pour diffuser un message de fermeture dans un Etat qui fragilise sa démocratie.

Naissance et déploiement de la « Défense spirituelle nationale »

La défense spirituelle, en tant qu’expression politique formulée par le Conseil fédéral dans les derniers mois de l’entre-deux-guerres, s’inscrit dans un héritage idéologique dont les racines remontent aux années précédant le premier conflit mondial. Dès lors, si ses premiers instigateurs n’expriment pas leur pensée en usant des termes de « Geistige Landesverteidigung », le fonds intellectuel véhiculé contient les germes de théories qui connaitront une expansion fulgurante jusqu’à la Seconde Guerre mondiale. Il s’agit dès lors de retracer l’histoire du concept de « défense spirituelle », en évoquant en premier lieu les fondateurs de ce qui deviendra une doctrine politique.

L’essor des nationalismes, qui caractérise les années 1910 et la période de la Grande Guerre, constitue un terreau fertile au développement d’associations œuvrant pour la promotion d’une « identité suisse ». Ainsi, en 1912, plusieurs intellectuels proches des milieux culturels et universitaires – dont Gonzague de Reynold*, acteur important de la mise en place politique de la défense spirituelle – se réunissent pour définir les prémices de ce qui deviendra en 1914 la « Nouvelle Société helvétique* » (NSH). Cette organisation se propose de militer pour la souveraineté de la Suisse. Cependant, même si l’objectif semble louable, l’idéologie sous-jacente est en réalité profondément antidémocratique. En effet, les fondateurs de la NSH ne se réfèrent pas dans leurs discours aux institutions de l’Etat moderne de 1848. Bien au contraire, leur idéal politique est celui de l’Ancien Régime : le nom de l’organisation renvoie à la « Société Helvétique* », active en 1798 dans le combat contre l’ingérence française en Suisse.

Gonzague de Reynold

Gonzague de Reynold (sur la gauche) durant la Première Guerre mondiale

La nostalgie d’un ordre ancien n’est toutefois pas l’unique moteur de l’association, qui puise aussi dans le registre du rejet des immigrés pour développer ses activités et attirer de nouveaux membres (elle passera ainsi de 1460 adhérents en 1915 à 2540 en 1920) : la NSH craint l’Überfremdung (littéralement : « surétrangérisation » ; autrement dit, de trop fortes vagues d’immigration) du pays ainsi qu’une influence trop marquée des allochtones sur la culture.

Ce phénomène de rejet de l’altérité ainsi que la volonté de valoriser une culture nationale aux contours incertains, que la NSH cherche à imposer dans la société par le biais d’une diffusion préalable au sein des élites, s’inscrit dans le contexte plus large du conflit mondial de 1914-1918. Durant cette période, ce ne sont plus seulement les armées qui sont impliquées dans l’effort de guerre, mais également les peuples : la force de ce qui sera appelé la « défense spirituelle » se mue en élément fondamental dans le cadre d’un conflit, en permettant de maintenir la volonté de résistance des individus, militaires ou civils.

Que signifie l’idée de « culture nationale » dans un Etat caractérisé par la diversité des langues, des confessions ou des spécificités locales ?

La NSH se comprend donc comme une création contemporaine de l’élan nationaliste des années 1910. Elle cherche certes à affirmer la suprématie des valeurs suisses sur celles des étrangers et à promouvoir l’indépendance du pays. Elle propose par surcroît de renverser la démocratie en place depuis le milieu du XIXe siècle pour rétablir l’Ancien Régime, son système corporatiste et son ordre social strictement hiérarchisé. Première manifestation de l’idéologie du repli identitaire, la NSH apparaît comme un espace de dialogue qui cherche à structurer un mouvement réactionnaire dans le dessein de politiser sa pensée.

Mais la NSH ne fait pas cavalier seul : elle partage son corpus d’idées avec un certain nombre d’autres groupes organisés et d’individus actifs dans les milieux économiques. Ainsi, dans les années 1920, Hans Zopfi* préconise que les « différences culturelles [doivent] être subordonnées à un culte de l’énergie nationale ». Ce journaliste proche de la paysannerie, qui sera une figure du frontisme* durant la décennie suivante, laisse donc transparaître une volonté manifeste d’écarter les singularités régionales au profit d’une identité nationale forte : il s’agit d’un premier signe traduisant l’émergence d’une pensée aux ambitions uniformisatrices, puisque l’appartenance cantonale est implicitement placée au-dessous de l’allégeance à la Confédération.

Les milieux frontistes ne se contentent pourtant pas d’afficher leur nationalisme, ce dernier étant également un prétexte à la dénonciation de leurs opposants politiques. C’est ainsi qu’en 1933 la notion de « défense spirituelle nationale » apparaît dans les colonnes d’une publication d’extrême-droite et sert à ostraciser des individus dont les opinions ne seraient pas conformes à l’essence de la nation.

Certains pans de l’économie tirent profit de l’idéologie diffusée par la NSH et les organisations frontistes. Ainsi, alors que les années 1920 subissent un rejet grandissant pour la production artistique étrangère (plusieurs groupements d’écrivains suisses condamnent la littérature qualifiée de « non-suisse »), le milieu du livre connaît une mutation vers le corporatisme*, grâce à l’appui de députés fédéraux. Ce glissement n’est pas sans rappeler l’arrière-fond idéologique des intellectuels de la NSH, qui se réfèrent dans leur doctrine à l’Ancien Régime et à sa société organisée précisément sur un système corporatiste. Le prétexte invoqué par les professionnels du livre pour justifier l’évolution antilibérale de leur secteur d’activité – qui en réalité n’a pour autre dessein que de garantir leur présence quasi monopolistique sur le marché intérieur helvétique – s’inscrit dans l’air du temps : il s’agit de« protéger le ‘‘livre suisse’’ ». Le cinéma des années 1930 tend lui aussi à rejeter les modèles éloignés des « valeurs suisses » : le film Die Rote Peste, produit par l’ancien conseiller fédéral Jean-Marie Musy* (affilié aux idées corporatistes) démontre une fois de plus la crainte d’une pénétration d’opinions divergentes, celles-ci étant associées à une pathologie exogène.

Jean-Marie Musy

L’idéologie dont héritera la défense spirituelle est une création antérieure à la prise de pouvoir d’Adolf Hitler en Allemagne. Elle ne pourra dès lors pas se comprendre uniquement comme un mouvement de résistance nationale, mais aussi comme la traduction politique de théories antidémocratiques.

Les années 1935-1938 : renforcement de la Défense spirituelle

La situation internationale du milieu des années 1930, exacerbée par une crise économique majeure qui touche encore la Suisse, est perçue par les autorités politiques fédérales comme un risque importante pour le maintien des fondements institutionnels de l’Etat, tels que la démocratie ou le libéralisme. En effet, l’essor des totalitarismes étrangers laisse pointer le risque d’un conflit à l’échelle continentale, alors que l’Espagne est déjà le théâtre d’une guerre civile à partir de 1936 (environ 840 Suisses y participent).

Dans les pays environnant la Suisse, deux antagonismes sont à l’œuvre. D’une part, le fascisme italien et le national-socialisme allemand constituent une menace pour l’intégrité territoriale de la Confédération : l’objectif d’une Großdeutschland rend l’avenir des Alémaniques au sein de la Suisse incertain, tout comme l’irrédentisme fait craindre des revendications sur le Tessin et les Grisons, régions italophones. D’autre part, le socialisme peut laisser présager des mouvements ouvriers importants, à l’image du Front populaire en France. Par conséquent, la notion de défense spirituelle entre dans le discours politique dans ce contexte, dans le but d’affaiblir ces deux mouvements, jugés néfastes à la stabilité et à l’indépendance de la Suisse : il s’agit donc officiellement de plaider pour une véritable « union nationale », associant tous les partis, afin de contrer les idéologies totalitaires en faisant la promotions des valeurs proclamées inhérentes au pays.

Cette alliance se cristallise de plusieurs façons. Tout d’abord, en 1937, un accord est conclu « entre syndicats et patronat de la métallurgie et des machines » dans le but de renoncer à la grève et au lock-out. Même s’il a pu être dit que la société profite dans son intégralité de cet apaisement des rapports entre ouvriers et employeurs, celui-ci n’est qu’incomplet et sert à masquer les divergences dans le but de diffuser l’idée d’une union nationale au sein de la population. Ladite « paix du travail* » n’a en effet pas le rôle qu’une certaine historiographie lui fait tenir, puisqu’elle ne devient complète que dans les années 1970.

De surcroît, le parti socialiste connaît une profonde évolution de son programme politique, puisqu’il accepte en 1935 l’existence d’une armée. Enfin, la « neutralité intégrale » est rétablie en 1938 : la Suisse « renonçant désormais à appliquer les sanctions prévues par le Pacte [de la Société des Nations], y compris dans le domaine économique » [Hans-Ulrich Jost, 2004]. Le mouvement vers l’union nationale se comprend par conséquent comme une adhésion large à la nécessité de défendre le pays en écartant les singularités partisanes durant le temps que plane la menace d’un conflit international.

La transformation de la défense spirituelle en pensée façonnant la politique fédérale de la période s’étendant entre 1937 et 1945 ne peut se saisir sans l’identification de ses initiateurs. En effet, il convient de dresser le portrait idéologique de ceux qui intègrent cette dernière aux structures institutionnelles de la Confédération.

Revenons sur Gonzague de Reynold. Au-delà de ses convictions antidémocratiques, il influence dans les années 1930 la pensée de son ami Philipp Etter*, originaire du canton de Zoug et conseiller fédéral catholique conservateur à partir de 1934, à la suite de la démission de Jean-Marie Musy. Ledit Philipp Etter, à plus forte raison en tant que proche de Gonzague de Reynold, est l’héritier direct des théories réactionnaires formulées par la NSH et deviendra la figure centrale de l’application de la défense spirituelle en tant que philosophie politique. Ouvertement favorable au corporatisme, il n’a « […] aucune affinité avec la démocratie moderne et le libéralisme : son idéal est le Moyen Âge, la société hiérarchisée selon les préceptes divins de l’ancienne Confédération. Il rêve d’un Etat autoritaire, l’Italie fasciste lui est sympathique, et au sein du Conseil fédéral, il s’engage pour davantage de compréhension à l’égard du national-socialisme » [Daniel Di Falco, 2015].

Ce constat relativise grandement l’union nationale évoquée avant l’éclatement de la guerre : comment doit-elle se comprendre dès lors que l’un des membres du Conseil fédéral affiche des accointances avec le fascisme et le nazisme ? Par conséquent, la démocratie ainsi définie cesse de se référer à des droits garantis par une loi universelle pour se transformer en imaginaire, trouvant ses fondements dans le registre d’une Suisse ancestrale largement idéalisée.

Précisons enfin que l’idéologie de la défense spirituelle, lorsqu’elle se trouve institutionnalisée, puise dans deux traditions distinctes : d’une part, elle repose sur la vision d’une Suisse chrétienne, nation de volonté, dont l’unité ne peut se référer à une race ou à une langue seules. D’autre part, une nouvelle conception apparaît avec Gonzague de Reynold et Philipp Etter. Tous deux critiques de l’industrialisation et de l’urbanisation, la sécularisation est pour eux l’un des signes de l’anéantissement de l’ordre social ancien, lequel aurait commencé avec la Révolution française. La défense spirituelle se présente donc comme un instrument au service d’une réorganisation antidémocratique de l’Etat.

Par ailleurs, le général Henri Guisan*, souvent présenté comme le héros de la résistance suisse durant la Seconde Guerre mondiale, n’est pas étranger aux théories réactionnaires des deux personnages précités. En effet, partageant certaines visions du fascisme italien en cela qu’il permet une opposition au communisme, il adhérait aux thèses corporatistes ainsi qu’à l’idée que l’armée permettait de constituer un lien salutaire entre la Suisse d’Ancien Régime et l’Etat contemporain, de sorte à faire vivre l’« esprit d’autrefois ». Cette dernière référence à l’« esprit » rappelle une fois de plus les origines idéologiques de la défense spirituelle : il s’agit d’une politique faisant ouvertement allusion à un ordre ancien et mythifié.

Général Guisan

Général Guisan © ETH-Bibliothek Zürich, Bildarchiv

La préparation morale d’un peuple est aussi nécessaire que la préparation matérielle.

Cette affirmation du général formulée durant l’hiver 1938-1939 sert selon nous d’appellation périphrastique pour désigner la défense spirituelle. En 1940, l’expression apparaît à nouveau sous la plume d’Henri Guisan et sert de socle à la promotion d’une Suisse chrétienne aux vertus militaires héroïques, dont les racines se trouveraient dans la Confédération médiévale. Dans un souci de diffusion d’un sentiment national, le général recommande enfin à la jeunesse de se rendre au Grütli : si une telle incitation semble anodine, il convient toutefois de noter que la référence fondatrice de la Suisse n’est ici pas l’Etat moderne de 1848 (dont la reconnaissance pourrait se concrétiser par exemple par une visite du Palais fédéral, à Berne), mais bien les cantons primitifs et les récits d’origine légendaires.

Message du 9 décembre 1938 : définition et contenu doctrinal

Pour toutes les raisons explicitées ci-dessus (craintes de voir l’intégrité territoriale du pays remise en cause ou les idées totalitaires gagner les esprits, mais également volonté politique de réorganiser la société et pressions économiques pour s’assurer un monopole sur le marché intérieur), la notion de défense spirituelle en tant que doctrine institutionnalisée est finalement formulée dans un message publié par le Conseil fédéral en date du 9 décembre 1938. Même si la « culture nationale » connaît déjà une politisation à partir de 1937 (la Chambre suisse de cinéma est inaugurée à cette date-là), le message qui nous occupe constitue un véritable acte de naissance politique de la Geistige Landesverteidigung ainsi qu’un programme d’application de celle-ci. Certaines de ses lignes, citées par Rémy Pithon [1986], sont à cet égard éclairantes :

Nous sollicitons la collaboration de tous ceux qui sont disposés à mettre leurs forces au service de la collectivité pour l’indépendance du pays. […] La vie intellectuelle doit pouvoir librement exprimer l’esprit suisse et le caractère de notre peuple.

Message du 9 décembre 1938

Message du 9 décembre 1938 : premières lignes. En intégralité sur : https://www.amtsdruckschriften.bar.admin.ch

Officiellement, la défense spirituelle est présentée comme un outil d’expression de l’identité nationale au service de la souveraineté. Nous avons vu qu’une telle affirmation est tout à fait réductrice et travestit la réalité. Concédons certes que le message conteste les théories raciales de l’Allemagne nazie. Cependant, une telle distanciation ne démontre pas un désaccord fondamental avec le IIIe Reich, mais plutôt une aspiration à l’instauration d’un régime autoritaire spécifique à la Suisse, dans le but selon nous de garantir son indépendance et de l’éloigner des revendications pangermaniques. Preuve en est la collaboration de Gonzague de Reynold à la rédaction du message du Conseil fédéral : il aide en effet Philipp Etter – figure centrale de cette politique « spirituelle » – à le mettre par écrit avant sa publication. Le membre fondateur de la NSH n’est pas seulement un proche du conseiller fédéral zougois, il participe aussi à la diffusion de l’idéologie de la Geistige Landesverteidigung par le biais de la presse, notamment en collaborant au sein de la rédaction de L’Echo illustré. Cet hebdomadaire publie en 1938 – quelques mois seulement avant le message du 9 décembre – les premières lignes directrices de la politique culturelle :

Nous ne serons pas anti-quelque chose, ce qui est négatif, mais nous serons pour-quelque chose, ce qui est positif.

Cet énoncé démontre à nouveau, de façon implicite, que la défense spirituelle ne cherchera aucunement à lutter contre les totalitarismes étrangers. Ce positionnement, en prétextant d’une neutralité redevenue intégrale, préfigure selon nous l’attitude de résignation qui prévaudra au sein des élites politiques durant la Seconde Guerre mondiale.

De surcroît, l’historiographie présente quelquefois la Geistige Landesverteidigung comme un encouragement à l’éveil patriotique chez des citoyens libres de toute influence politique. Cette analyse n’est selon nous pas tenable. En effet, une censure des médias se met en place dès 1934 pour satisfaire l’Allemagne nazie, indisposée par des critiques trop prononcées à son égard : ce contrôle perdurera durant la guerre. Le peuple, informé partiellement et partialement des événements internationaux, n’est donc guère en mesure de jouir d’une véritable liberté d’opinion.

Reconnaissance du romanche : réaction culturelle et folklorisation de la latinité

Dans un tel contexte de promotion des valeurs nationales et des menaces exercées par l’irrédentisme au sud du pays, une stratégie visant à contrer les velléités annexionnistes se met en place. Après que le gouvernement grison a fait part au Conseil fédéral de sa volonté de voir le romanche devenir langue nationale, ce dernier l’entend : une votation populaire a lieu le 20 février 1938 et le peuple suisse accepte cette proposition à plus de 90 %. Cette validation institutionnelle et démocratique de la minorité rhéto-romanche ne doit pas laisser penser selon nous qu’il s’agit ici d’une simple politique de reconnaissance de la diversité linguistique. En effet, il apparaît plutôt que les autorités fédérales, en légiférant sur le statut du romanche en tant qu’idiome distinct de l’italien, cherchent à dissuader les milieux irrédentistes de revendiquer les Grisons comme un foyer de population italophone.

Votation sur la reconnaissance du romanche

Résultats de la votation relative à la reconnaissance du romanche en tant que langue nationale

Par ailleurs, si l’idiome du peuple romanche devient langue nationale, il ne sera guère langue officielle, ce qui instaure une inégalité de traitement entre le français, l’allemand, l’italien et la langue nouvellement reconnue par la Confédération : en réalité, le romanche se conçoit avant tout comme un instrument politique qui sera réemployé durant la Landi en tant que symbole de la pluralité culturelle helvétique. Il n’obtiendra cependant qu’une visibilité purement folklorique à cette occasion, présenté (à l’image des autres minorités latines) sous un jour stéréotypé (Gottlieb Duttweiler* [1940] qualifie les Romanches de gens « façonnés par le caractère austère de leurs montagnes […] » ; les Romands sont « jaloux de leurs traditions » et « composent la chère minorité au caprices résolus » ; les Tessinois « enseignent la joie de vivre » ; les Alémaniques seraient « nos grands frères »), ce qui fait bien transparaître une vision paternaliste des Latins.

La Suisse une et diverse

La diversité folklorisée durant l’Exposition nationale de 1939 © ETH-Bibliothek Zürich, Bildarchiv

Bibliographie